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Emile Coué, l'importance de l'autosuggestion

Emile Coué de la Châtaigneraie est un pharmacien et psychologue inventeur d’une technique éponyme de guérison et de développement personnel fondé sur l’autosuggestion.

Il naît en 1857 en France dans une famille aristocrate peu fortunée. Ne pouvant faire des études de chimie pour des raisons économiques, il se dirige vers la pharmacie et effectue un stage obligatoire de trois ans en officine. Il obtient son diplôme en 1882 à Paris et s’associe ensuite à un pharmacien à Troyes.

Il se rend rapidement compte qu’il arrive à influencer la guérison de ses clients s’il leur adresse des paroles encourageantes lorsqu’il leur vend les médicaments. Un jour, il procure à un client sans ordonnance de l’eau distillée qu’il fait passer pour un remède en lui faisant des recommandations très précises. Le rétablissement de ce malade lui permet de découvrir l’effet placebo, l’autosuggestion et le rôle majeur de l’imagination dans le processus de guérison. Il se rend régulièrement à Nancy pour poursuivre ses recherches avec l’aide des médecins de « l’Ecole de Nancy », lesquels constituent la référence en matière d’hypnose, de suggestion et d’autosuggestion.

Il élabore ainsi sa méthode de manière empirique en associant suggestion et hypnose. Progressivement, il abandonne l’hypnose autoritaire et directive, et élabore une méthode basée sur la suggestion consciente d’idées positives conduite de manière précise. En 1910, il s’établit à Nancy et reçoit gratuitement des malades en séance individuelle ou collective. Les guérisons se multipliant, les patients affluent. Poussé par un de ses disciples, Emile Coué écrit un ouvrage court « la maîtrise de soi par l’autosuggestion » qui connaît un grand succès à l’étranger. Malgré la fatigue, il enchaîne les conférences en France, mais aussi en Europe, en Russie et même aux Etats-Unis. La méthode Coué connaît alors un réel succès et attise les jalousies. Sigmund Freud sera un de ses plus ardents défenseurs. Il meurt en 1926 des suites d’une pneumonie.

Bien que sa méthode soit à l’origine utilisée à des fins médicales (à titre préventif ou curatif), on peut dire qu’Emile Coué est à l’origine du coaching moderne ainsi que de nombreuses nouvelles approches (visualisation, training autogène de Schultz, sophrologie, AT - analyse transactionnelle -, PNL - programmation neurolinguistique, thérapie orientée solution, suggestologie, etc.).

Pourtant à sa mort, sa méthode tombe dans l’oubli. On peut avancer plusieurs explications à celà. D’abord, sa méthode repose essentiellement sa propre personne. Il y a aussi le fait qu’il ne l’ait véritablement diffusée que sur une courte période à la fin de sa vie. Enfin, il ne faut pas négliger l’importance des lobbys de l’époque qui lui ont reproché sa trop grande simplicité. Depuis, l’expression « méthode Coué » est considérée dans le langage courant comme une forme d’optimisme obstiné accompagné d’une sorte de déni du réel.

Aujourd’hui, elle renoue avec le succès dans les domaines du développement personnel et de la pédagogie. Les recherches actuelles en neurosciences attestent d’ailleurs de la pertinence des travaux d’Emile Coué.

Celui-ci, pour établir sa méthode, s’est basé sur les cinq principes suivants : (1) une pensée persistante tend à se réaliser, (2) le premier pouvoir de l’homme est son imagination (l’inconscient), (3) lorsque l’imagination (l'inconscient) et la volonté (le conscient) sont en désaccord, c’est toujours – et sans exception – l’imagination qui gagne (il s’est insurgé contre l’adage « si on veut, on peut »), (4) lorsqu'elles sont en accord en revanche, elles font plus que s’ajouter, elles se démultiplient, (5) l’imagination peut être conduite par l’autosuggestion consciente.

Cela lui prendra près de vingt ans pour exprimer sa méthode sous la forme d’une phrase clé « tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux » à répéter vingt fois à haute voix sans fixer son attention sur quelque chose de particulier. Emile Coué recommandait de pratiquer cette autosuggestion tous les jours dans son lit, au lever et au coucher, dans le calme, sans effort, dans le lâcher-prise (pour que les efforts de volonté ne finissent pas par être nuisibles et laisser l’imaginaire agir). Réciter cette phrase spécifique de manière automatique, comme une litanie, permet d’imposer une idée à son cerveau, de l'engrammer dans le domaine de la possibilité, et par conséquent d’améliorer l’état physique et moral de la personne. Pour plus de facilité, il conseillait de se munir d’une petite ficelle pourvue de vingt nœuds.

Pour que la méthode d’autosuggestion soit vraiment efficace, celui qui la pratique doit être convaincu de la puissance de l’inconscient. Cette phrase envisageant la globalité de la personne – le physique comme le mental – il n’y a pas besoin de recourir à l’autosuggestion particulière. Cela dit, en cas de besoin très particulier et immédiat (une douleur physique ou un souci d’ordre psychique), il préconisait de se mettre à l'écart, de s’asseoir, les yeux fermés, la main sur le front (en cas de souci) ou sur la douleur et de répéter plusieurs fois « ça passe » extrêmement vite pour ne pas laisser d’autre pensée entrer dans l’inconscient et de le faire jusqu’à la disparition complète du problème.

Bibliographie

Œuvres, Emile Coué, Ed. Bussières, 2008

La méthode Coué, Emile Coué, Ed. Marabout,  2007

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