Chirurgien des armées pendant la guerre d’Indochine, Jean Valnet (1920-1995) utilise avec succès sur les blessés des essences aromatiques aux vertus cicatrisantes. A son retour, il poursuit ses recherches sur les huiles essentielles et détermine de manière scientifique leur pouvoir thérapeutique. Il soigne par la phyto-aromathérapie remettant à l’honneur les traitements naturels.
Dès les années 50, il dénonce la débauche d’antibiotiques et s’inquiète du tout chimique qu’il juge dangereux pour la terre et les hommes. Il voit la culture biologique comme « la seule solution d’avenir, source de santé et de vie, scientifiquement étayée, et de ce fait l’une des alliées incomparable du médecin »1. Il affirme également que « la Nature reste encore, et sans doute pour longtemps, le plus perfectionné de tous les grands laboratoires du Monde »2. Il codifie ainsi les propriétés des plantes et essences, définit les indications et les posologies. Il étudie plus particulièrement les vertus anti-infectieuses des huiles essentielles. Il met également en garde contre une utilisation incontrôlée ou fantaisiste des huiles essentielles car leur action « apparaît réelle, générale et puissante »3.
Après avoir reçu de nombreuses décorations pour ses actions médicales et militaires, il quitte l’armée et ouvre un cabinet à Paris où il reçoit ses patients. Il élabore des mélanges aux huiles essentielles destinés d’abord à améliorer leur bien-être. D’ailleurs,au moment de pousser la porte du cabinet, les malades étaient agréablement accueillis par les arômes des huiles essentielles. Il crée neuf préparations – simples à utiliser car déjà prêtes à l’emploi – pour protéger et résoudre les petits maux du quotidien. Pendant près de trente ans, il pratique une médecine de terrain et prescrit en traitement de fond la phyto-aromathérapie associée à une alimentation biologique et une hygiène de vie saine (il insiste sur les vertus du repos, de la relaxation, du sport, de la prière et l’importance d’éviter la pollution et les sentiments « négatifs »).
En 1964, il écrit un premier livre « Aromathérapie, se soigner par les essences de plantes », régulièrement réactualisé. Dès 1976, il organise un Congrès international de phyto-aromathérapie annuel. Il prédit en 1984, que « l’aromathérapie reprendra, pour le grand bien de tous et celui des finances, la place qui lui a été pour un temps retirée partiellement par le mirage de la chimie »4 et assure que l’Aromathérapie et la Phytothérapie sont « capables de résultats qu’aucune thérapeutique moderne ne saurait obtenir »5.
Ses nombreux ouvrages et l’enseignement qu’il dispense donnent naissance à deux grands courants d’aromathérapie : l’école française à l’approche clinique et scientifique et l’école anglo-saxonne principalement axée sur le bien-être.
1 : in Docteur Nature, Jean Valnet, 1980, Fayard, p.233.
2 : in L’Aromathérapie, Jean Valnet, 1984, Livre de Poche, p. 9.
3 : in Docteur Nature, Jean Valnet, 1980, Fayard, p.275.
4 : in L’Aromathérapie, Jean Valnet, 1984, Livre de Poche, p. 10.
5 : in L’Aromathérapie, Jean Valnet, 1984, Livre de Poche, p. 9.
Bibliographie
Docteur nature, Dr Jean Valnet, Fayard, 1971.
Aromathérapie. Dr Jean Valnet, Poche, 1984.
Se soigner par les légumes, les fruits et les céréales. Dr Jean Valnet, Poche, 1985.
La phytothérapie : se soigner par les plantes. Dr Jean Valnet, Poche, 1986.