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La santé ne se résume pas à une série de consultations en cabinet ou à des conseils nutritionnels isolés. Elle s’inscrit dans un écosystème où le corps, l’esprit, le portefeuille et même l’environnement professionnel s’entremêlent. Pour Elodie Ajaccio, naturopathe et ancienne banquière, cette vision systémique est devenue le socle d’une pratique innovante, à mi-chemin entre la reconnexion à soi et la survie économique. « Il faut créer le luxe collectif pour permettre la sobriété individuelle », résume-t-elle. Une philosophie qui guide désormais son accompagnement auprès d’entrepreneurs en quête d’équilibre.
La naturopathie n’a pas attendu Elodie Ajaccio pour exister, mais c’est bien une prise de conscience personnelle, presque accidentelle, qui l’y a menée. Tout commence avec une grossesse, la découverte des perturbateurs endocriniens, et cette question lancinante : « Comment ces substances circulent-elles librement dans nos produits du quotidien ? » Une graine est plantée. Pourtant, ce n’est qu’après un burnout et une reconversion mûrie pendant le Covid qu’elle franchit le pas. « J’avais besoin d’un souffle nouveau dans ma vie professionnelle, d’un moment de respiration entre ma vie de maman et mon travail », explique-t-elle. Le déclic survient en suivant les vidéos d’Odile Chabrillac, fondatrice de l’Institut de Naturopathie Humaniste (INH), qui partage des parcours de reconversion. « C’était très inspirant », confie-t-elle.
Elodie choisit la formation de l’INH pour son équilibre entre rigueur scientifique et approche émotionnelle, loin des dérives ésotériques. La promotion d’été, intense et immersive, lui convient : trois semaines de cours en présentiel, le reste en ligne. « C’était comme une colonie de vacances studieuse, avec une ambiance très particulière », se souvient-elle. L’objectif ? Acquérir des bases solides, certifiantes, tout en restant proche de ses enfants. « Il fallait que ce soit sérieux. Je venais de la banque, un monde normé. La naturopathie devait l’être aussi. »
Contrairement à beaucoup, Elodie ne tourne pas le dos à son passé. Ses quinze années en banque deviennent un atout. « Je ne voulais pas me limiter à la casquette de thérapeute. J’avais un bagage économique, une clientèle de professionnels. Il fallait l’utiliser. » Dès l’obtention de son diplôme, elle ouvre un cabinet pluridisciplinaire près de Bordeaux. Rapidement, elle réalise que le modèle traditionnel ne lui convient pas. « Je me sentais frustrée de diviser mes compétences. Je voulais un accompagnement global. »
Aujourd’hui, elle intervient principalement en ligne, auprès d’entrepreneurs en surmenage. Son approche ? Un mélange de naturopathie, de fleurs de Bach, et de conseil en gestion financière. « Un client vient me voir pour son insécurité financière. Parfois, le problème n’est pas dans sa tête, mais dans son compte en banque. On commence par là. » Pour elle, tout est lié : « Si tu dors mal à cause de problèmes de trésorerie, ça impacte ta santé, ta famille, ton business. »
Elodie a vite compris une chose : les réseaux sociaux ne sont pas une obligation. « J’ai capitalisé sur ce qui était facile pour moi : les ateliers, la pédagogie, le présentiel. » Elle s’investit dans des réseaux d’entrepreneurs, propose des ateliers réguliers. « C’est en étant visible, en créant des jalons de confiance, que les retombées arrivent. » Une stratégie payante : des ateliers donnés en juillet génèrent encore des demandes des mois plus tard.
Son credos : l’engagement, pas l’effort à tout prix. « On nous a toujours dit qu’il fallait travailler dur pour réussir. Mais s’écorcher vif, c’est contreproductif. » Elle cite un coach qui lui a appris à identifier son « point d’excellence » – cette compétence si naturelle qu’on la sous-estime. « Pour moi, c’était l’oral, la transmission. Alors j’ai joué là-dessus. »
Elodie ne se contente pas d’accompagner des individus. Elle veut influencer les entreprises. « La santé n’est pas qu’une affaire personnelle. C’est aussi une question de climat de sécurité, de management, d’environnement. » Elle forme désormais les managers à une nouvelle approche, intégrant hygiène de vie, sensibilité environnementale et gestion du stress. « Dans les formations classiques, on nous apprend à classifier les gens par couleurs. C’est réducteur. Il faut aller plus loin : comprendre les conflits, créer des espaces sécurisés. »
Son ambition rejoint celle de l’INH, où les cliniques solidaires et l’ouverture au monde sont centrales. « Faire porter toute la responsabilité de la santé sur l’individu, c’est violent. Il faut agir collectivement. » Une conviction partagée avec Odile Chabrillac : « Nous sommes des acteurs politiques du bien-être, qu’on le veuille ou non. »
Ce qui frappe chez Elodie, c’est sa capacité à personnaliser la naturopathie. « À vous d’inventer la vie qui va avec », résume-t-elle. Certains feront des consultations, d’autres, comme elle, créeront des ponts entre santé et économie. « Rien ne se perd, tout se transforme. Mes compétences en banque servent aujourd’hui mes clients entrepreneurs. »
Et les anciennes relations professionnelles dans tout ça ? « Ça peut devenir une force. Mes ex-collègues me voient sous un nouveau jour. Certains deviennent des supporters. » Une piste à explorer, même si elle avoue ne pas l’avoir encore pleinement exploitée.